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Ange aux 24h de la Bléone (04)

L'alerte nous arrive un mercredi après-midi pour nous signaler la fuite d'Ange, un chien perdu sur les hauteurs de Prads-Haute-Bléone... Et la Bléone c'est pas tout près de chez nous ! Cela nécessite donc une grande plage de disponibilité de la part de nos secouristes bénévoles.


L'escadron.e


Étant donné qu'Ange n'est pas localisé, Arnaud, l'un de nos rares télépilotes, part dès le lendemain de l'alerte pour effectuer une cherche en drone. Il trouve Ange en moins d'une minute, ce qui nous permet de nous organiser. S'il a battu les record de temps pour trouver Ange cette fois-ci, ce n'est pas toujours aussi rapide de localiser le chien, même avec un drone et la caméra thermique ...


Arnaud a battu tous les records de temps pour trouver Ange, avec la caméra thermique

L'équipe se forme donc pour une intervention programmée le vendredi et sera composée de :

- Lucette : rédactrice de ce récit

- Mélanie : drômoise de l'équipe d'Ange

- Michel : savoyard de l'équipe d'Ange

- Kévin : chef de cette équipe

- Arnaud : notre télépilote qui restera sur place pour la nuit (la route étant bien trop longue vers notre chère Isère pour effectuer l'aller-retour)

- Fumseck : notre drone (oui, c'est un membre à part entière de notre équipe).


Avant l'aube, c'est encore la nuit


Vu les 3h30 de route qui nous attendent, le départ est plus que "aubial". Pas un rai lumineux en vue. Pour gagner un maximum de temps, Gaoul nous prépare le matériel dès le jeudi soir, de manière à ce qu'on ait plus qu'à charger dans le pick-up.


C'est Michel, notre savoyard du jour, qui, sur sa route, passe au Versoud pour charger tout ça. Après milles et unes galères de clefs dont on vous passe les détails, mais qui nous ont tout de même fait perdre 1 heure précieuse pour le secours à venir, on finit par prendre la route avec son véhicule personnel, un magnifique T6 aménagé.


On profite, néanmoins, du trajet pour débriefer sur la situation, analyser les cartes, les vidéos prises par Arnaud in situ et élaborer plusieurs stratégies d'approche.


Le début du fond de vallée


A 9h30 passées, le soleil a eu le temps de se lever et à notre arrivée, rapide débrief sur place avec Arnaud et Mireille, la requérante et maîtresse d'Ange. Puis, on monte tout le matériel sur la possible zone d'accès. C'est là que la fonction 4x4 du pick-up nous aurait été bien utile ...


Au pied de la falaise, nous entendons rapidement Ange qui pose le décor : il pousse de longs hurlements, tels des cris de loup, nous rappelant encore plus fort ce pour quoi nous sommes engagés dans l'ESAM ... Il appelle à l'aide, coincé à plusieurs centaines de mètres, dans une falaise à l'accès plus que complexe.


Après avoir étudié un accès par le bas, l'idée est finalement abandonnée : le terrain est péteux, trop vertical, ce serait bien trop long.


On opte donc pour le "taxi-hélico", qui pourra nous déposer au sommet de la falaise pour accéder à Ange en descendant sur corde.

Encore faut-il trouver un hélico disponible...

Encore faut-il réussir à joindre une compagnie d'hélico...

Encore faut-il trouver du réseau dans un fond de vallée...


Arnaud se charge de cette tâche en se hissant sur des cailloux (je n'ai pas pensé à vous prendre de photo, mais c'était très drôle à voir, je vous laisse imaginer). Il aura fallu retourner au parking pour parvenir à communiquer avec le monde extérieur. Entre nous, on communique par radios, mais même par radios, ça ne passait pas toujours.


Taxi-hélico assuré


L'hélico est limité à 2 places (en sus des pilote et copilote). C'est donc Kévin et Mélanie, les secouristes les plus expérimentés, qui seront envoyés. Le plan est d'accéder par le haut jusqu'à Ange, puis de l'évacuer par le bas.


En attendant l'arrivée de l'hélico, Kévin et Mélanie préparent le matos nécessaire. Sachant que nous n'avions pas rapatrié tout le matériel préalablement monté et qu'ils avaient besoin des spits, j'ai fait un aller-retour pour aller le chercher. En revenant au parking, je ne les voyais plus. Ils me firent la blague de se trouver dans la Bléone... "Mais comment ça dans la Bléone?" Me dis-je. Je jette un œil en contrebas et je les aperçois dans le lit de la rivière. Effectivement, l'hélico a besoin d'une aire suffisamment dégagée pour se poser. Et la Bléone asséchée constitue une parfaite DZ.


C'est donc avec la base HDF (Hélicoptères De France) de Tallard que le vol est prévu. On entend l'hélico arriver de loin et c'est toujours aussi impressionnant ...


L'arrivé de l'hélico fait toujours son effet ...

Les secouristes qui montent dans l'hélico sont concentrés sur leur mission. Mais pour les personnes qui restent au sol, il y a toujours ce mélange de fascination et d'émotion, surtout pour Arnaud, en tant que Président, qui me dit "ah là là, ça fait quelque chose de voir ces kikis grandir et s'envoler". (Note à moi-même : penser à placer un oignon pour filmer la séquence émotion, la prochaine fois).


L'hélico est prêt, Kévin et Mélanie aussi. Il n'y a plus qu'à ...
L'hélico est prêt, Kévin et Mélanie aussi. Il n'y a plus qu'à ...

Voici notre point de vue du décollage... Bien trop près, bien trop près...


Avant de monter dans l'hélico, Arnaud adresse un dernier mot à l'équipe qui monte : "C'est le dernier créneau de vol disponible pour le pilote. Autrement dit, une fois déposés au sommet, il ne pourra plus revenir vous chercher. Une fois la haut, vous n'avez pas d'autres choix que réussir à descendre."


Dépose au sommet du Cadun


A presque 14h, l'hélico décolle ...


Le grand départ pour les secouristes.

Le vol est rapide : à 14h, Kévin et Mélanie sont déjà au sommet.


L'hélico s'en va après avoir déposé les secouristes au sommet du Cadun.




L'hélico s'en va, et leur descente peut commencer. Ils se limitent à 80 m de corde pour éviter de la coincer dans les racines et pierres qui rendent rapidement la progression difficile. Le terrain est souvent compliqué et les rappels sont plus longs, bien plus longs que prévu.



La descente s’annonce longue et la course contre la nuit a déjà commencé… Les pierres se dérobent facilement sous leurs pieds. Ils doivent faire attention à ne pas toucher Ange ou leur binôme en-dessous. A chaque pas, une pierre peut se décrocher et abîmer la corde (ou le casque du collègue !)



Arrivés sur la strate juste au-dessus d'Ange, Arnaud reprend le guidage à l'aide du drone. Le terrain est vraiment dangereux : de grosses pierres instables et des branches qui accrochent la corde en permanence, ce qui engendre beaucoup de manips de corde.


A 17h, Mélanie arrive enfin au contact d'Ange qui se laisse approcher rapidement, et Kévin la rejoint pour lui enfiler le harnais.


Mélanie arrive enfin au contact de Ange, après 3h de descente.

Ils constatent qu'il est assoiffé et affamé, mais ne présente pas de blessure. Ils lui donnent alors ce qui leur reste d'eau à leur détriment.


Ange est éprouvé après plus de 3 jours coincés en falaise.
Ange est éprouvé après plus de 3 jours coincés en falaise.

Téléguidage, un air en l'air


Après cette rapide rencontre, il faut désormais trouver le moyen de descendre puisque c'est une évacuation par le bas qui est prévue.


Arnaud fait donc redécoller Fumseck pour aiguiller Mélanie et Kévin. Ce dernier part en éclaireur pour trouver le meilleur passage selon les indications aériennes et équiper les relais. Mélanie descend ensuite avec Ange suspendu à son baudrier, bien sécurisé dans son harnais. Pendant ce temps, Lucette et Michel effectuent des aller-retours entre le parking et le point d'observation pour charger les batteries du drone, et accessoirement, se réchauffer.


Après plusieurs rappels, nos secouristes commencent à s'inquiéter pour Ange qui semble faiblir et ne tient plus sur ses pattes. Mélanie doit donc le porter sur les passages traversant des replats et à l'aide de mains courantes préalablement installées par Kévin. Et la nuit commence déjà à tomber ...


3h après le début de sa descente, Ange montre des signes de fatigue inquiétants...

Les frontales, telles des étoiles


La nuit tombe alors qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. En tout, ils effectuèrent 5 rappels compliqués, car la corde se coinçait systématiquement. Je vous laisse imaginer la complexité de la situation dans cette pénombre... Arnaud ne peut plus guider à l'aide du drone (interdiction de voler la nuit), et de toute manière, on y voit plus rien !


Kévin demande parfois la direction à prendre à la radio. Lucette ne peut que lui indiquer de mémoire, à l'aide de repères pris selon le positionnement de leurs frontales sur la falaise. Michel part se positionner au pied de la falaise afin qu'ils puissent repérer la "sortie" indiquée par la lumière de sa frontale. Le tout, en évitant de se prendre des pierres qui tombent du fait de leur progression sur terrain non aseptisé.


Il est 21h30, Kévin et Mélanie entament le dernier rappel. Ange, lui, est à bout de forces.

Lorsque Mélanie et Kévin effectuent leur dernière descente sur corde, Lucette et Arnaud quittent leur point d'observation pour rejoindre Michel en bas de la falaise, récupérer Ange et les décharger du lourd matériel qu'ils ont transporté durant l'intervention (perfo, spits, cordes... etc.)


C'est Michel qui guide pour retourner au point d'observation : quelques cailloux moussus, une Bléone à traverser et Ange retrouve Mireille, sa maîtresse. Il est alors 22H30 et il fait nuit noire ! Ce soir, la lune montante n'était pas au rendez-vous.


Les retrouvailles sont aussi intenses que les 8 heures passées sur corde : Mireille ne retient pas ses larmes, tandis qu'Ange couine de bonheur de retrouver enfin sa "maman" ! Ces moments la nous rappellent que, même après des journées aussi difficiles, dans le froid et le vent, notre engagement vaut toutes les peines. Ce soir, grâce à l'ESAM, Ange dormira bien au chaud. Et Mireille a enfin retrouvé le sourire.



Quelques petites croquettes revigorantes et Ange parvient à effectuer l'intégralité du chemin retour sur ses pattes. Il sera tout même amené chez le vétérinaire et gardé en observation durant 48h parce qu'il vomissait, urinait tout le temps sans se retenir et était recouvert d'aoutats. Deux semaines après ce secours, Ange allait mieux, restait toujours amaigri, mais avait tout de même repris les promenades (en laisse !)


Le tour de cadran


De notre côté, une looongue route nous attend ! C'est Lucette et Michel qui se partageront la route du retour. Après avoir récupéré nos moyens de locomotion respectifs (le vélo pour Lucette), nous arriverons chacun chez nous vers 4h du matin et profiterons de quelques heures de sommeil. Michel dormira même dans son camion sur le parking de l'aérodrome du Versoud après avoir ramené tout le matériel au QG. S'il était retourné dans sa Savoie, il aurait dépassé le tour du cadran, ça n'aurait pas été très réglo.


Les mots du chef d'équipe des 24h de la Bléone


Kévin : "Une très belle réussite par la coordination instinctive de tout le monde et tous les rôles. Chaque membre a eu un rôle très important dans la réussite de ce secours."


Sur place : Lu7 (alias Lucie N.)

Reportage en direct de la Bléone

 
 
 

3 commentaires


Invité
08 déc. 2025

Vous êtes tellement merveilleux 🥰

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Gaël
08 déc. 2025

Bien joué l'équipe 👍 Top le récit, les photos, les vidéos 👏

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Richaud blanc jean Noël
08 déc. 2025

Sait la que j'ai perdu mon setter anglais y a 15 ans environ

VOUS EXITÉ PAS A L ÉPOQUE 🙈😭😭😭

J AI LES BERGERIE DES COMBES

dommage pas averti

Y aurait eu cheminée..groupes électrogène abris..et mes quads pour vos approche 3km du parking

SI BESOIN UN AU SECOURS

JE VOUS AI ENVOYÉ UN PETIT DON

VOUS MERITE VRAIMENT 👍👍👍💓💓💓💓

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